Lettre de JB Coti, 1865
Publié le 20 septembre 2009 | pas de réaction
Cette lettre , dont l’authenticité reste à vérifier, ouvre déjà plusieurs pistes, dont cette chapelle (San Biasgiu ?) et surtout la bulle pontificale mentionnant Zevaco comme étant à la tête d’un groupe de survivants des Giovannali.
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Zevaco, le 01/05/1865
Un certain Zevaco, de la secte des Giovannali, fonda ce village vers le milieu de
XIVème siècle. Ce nom figure dans la bulle d’excommunication lancée contre lui et ses
corréligionnaires par la Sainte Cour d’Avignon (Philippini(sic): Histoire de la Corse. Jacobi
(sic): Histoire de la Corse).
Ce document heureusement conservé, on peut le lire dans le «Bullaire» de 1732,
publié en Allemagne par Beckaurs. Déclarés hérétiques, ils furent en grande partie
exterminés à Alesani. Les quelques Giovannali échappés à cet égorgement se réfugièrent
dans les forêts et les cavernes du canton de Talavo.
Sur une colline située entre Zevaco et Corrano, existent encore les ruines d’une
chapelle qui se relie à deux cercles de pierres disjointes et horriblement mutilées, le
lentisque résineux, l’arbousier (…?) et toujours vert, le chêne à l’ombrage épais et salubre,
le myrte aux feuilles élégamment nervurées, pliant sous de petites fleurs blanches, le cactus
(?) à la tige grasse, charnue et au pied duquel s’embrassent (?) mille plants à l’écorce jaune,
ne cachent pas suffisamment aux regards avides du voyageur, ces vestiges séculaires que
Chevrier, dans son Histoire de la Corse, suppose appartenir «au château fort des survivants
d’Alesani.»
Furtz, l’auteur du livre injustement oublié des «Hérésies et Hérésiarques au XIV et
XV° siècles» qui reproduit à ce sujet les opinions du célèbre historien et satyrique de la
Lorraine, ajoute que le Zevaco mentionné dans la fameuse bulle, et dont il donne des
extraits, «se trouvait à la tête de ces glorieux débris» d’une secte qui tenta dans ce siècle
barbare, de concilier le christianisme avec la raison, en acceptant sa morale, et en
repoussant son culte.
Trois siècles plus tard, le plus éloquent des écrivains français, J.J. Rousseau, citoyen
de Genève, devait reprendre et compléter, avec toute l’autorité de son génie, la doctrine des
Giovannali:»Edifier, relever l’idéalisme, poser la base de la société nouvelle.»
La suite de l’article trait aux Zecavais (sic).
L’auteur relate la réponse d’un habitant, l’octogénaire Paolo Alpino à Doria qui lui
demandait, moyennant honneurs et richesses de lui indiquer le lieu de refuge de ses
compatriotes: -«Si vous voulez me faire fouetter répondit aussitôt le courageux vieillard, voici
mes épaules; si vous voulez me faire brûler, voici mon corps. Ecorchez, brisez, frappez,
arrachez, disloquez et tuez ce corps débile et usé; mais je ne vous livrerai pas mes frères.»
Et, quand sur les ordres du farouche Génois, on lui coupait les jointures des doigts, des
bras, des épaules, les pieds eux-mêmes, les jambes et les cuisses, sa langue qu’ils avaient
oublié de lui arracher disait pendant ce cruel supplice:«heureux membres, c’est maintenant
que vous m’êtes chers puisque vous appartenez à la patrie par votre sacrifice.» (Doria-
Venioli, Gênes 1704)
Signé: Coti Jean-Baptiste, avocat.
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